La Villa Emily, restaurant à Bruxelles

Classé dans : Belgique | 0
Style Culinaire: Gastronomique
Michelin : Pas d'étoiles
Budget (entre $ et $$$$$) : $$$$
Service en salle : Chaleureux
Gault & Millau : 15/20
Cadre : Luxueux
Guide Delta :

Restaurant La Villa Emily à Bruxelles

Ce qui frappe d’emblée au restaurant la Villa Emily, c’est la façade majestueuse avec les lettres Emily de couleur or. Et, comme dans tout grand restaurant, un voiturier vous attend. Dans ce coin huppé de Bruxelles, on est content de le trouver.

Façade du restaurant la Villa Emily à Bruxelles

Passé le seuil, on entre dans un autre monde : un monde de luxe, feutré et discret. Ce n’est pas par hasard que l’ancien propriétaire, le tailleur Degand, avait racheté du mobilier de l’hôtel de Crillon à Paris, un des plus anciens et des plus luxueux hôtels au monde. Le cadre n’est donc que raffinement et prestige, le tout dans une harmonie non ostentatoire malgré les plafonds en feuilles d’or et l’incontournable lustre vénitien.

Le cadre magnifique du restaurant la Villa Emily à Bruxelles

Pour déguster, deux atmosphères distinctes sont possibles. Au premier étage, la continuité d’un cadre de palace avec une vue imprenable sur le sommet du lustre vénitien de 5m (le même que celui qu’on voit d’en bas) et une salle toujours aménagée avec le plus grand goût dans des tons sombres, des ornements dorés et une lumière artificielle chaleureuse.

La salle du premier étage au restaurant la Villa Emily à Bruxelles

C’est assurément le cadre romantique et luxueux que je rechercherais pour un dîner de Saint-Valentin.

La salle du premier étage au restaurant la Villa Emily à Bruxelles

Au rez-de-chaussée, la villa Emily dégage une autre atmosphère : un long comptoir où l’on s’attable pour admirer la brigade et le chef Mathieu Jacri. Accompagné d’amis désireux de découvrir ce chef, c’est exactement l’endroit qu’il nous fallait pour le découvrir, découvrir sa cuisine et s’émerveiller du spectacle de construction des assiettes

L'équipe du restaurant la Villa Emily à Bruxelles

Le chef officie donc sous les yeux des clients, dans un espace minuscule où il s’agit d’être bien organisé, ce qu’il est fort heureusement. Il n’a rien à cacher et rien n’est caché : on travaille donc sans filets (sauf de Turbot) avec ordre, méthode et concentration.

Le chef, Mathieu Jacri, du restaurant la Villa Emily à Bruxelles

Le résultat est réussi, vraiment réussi. Pour avoir une pleine idée de la cuisine de la villa Emily, nous avons opté pour le lunch (46 euros pour 3 services) auquel nous avons ajouté deux plats à la carte : l’oeuf à la mayonnaise de truffe (18 euros) et le turbot rôti au fenouil (42 euros).

Le jugement est sans appel : on mange vraiment très très bien.

Les cuisines du restaurant la Villa Emily à Bruxelles

Le lunch nous a extasié et constitue, malgré un prix plus élevé que celui d’un lunch moyen,le tout bon rapport qualité-prix du restaurant.

En première entrée : un tartare de bar impeccable avec de délicieuses saveurs japonaises.

S’en est suivi l’entrée à la carte : un oeuf et plusieurs grosses tranches d’une truffe de belle taille et finement odorante. Cette entrée était à ce point jouissive, notamment grâce au jaune coulant et à la fraîcheur de la salade, qu’un des convives en a recommandé une. Ah gourmandise quand tu nous tiens 😉

Pour le plat du lunch, une réussite absolue autour d’un veau de Corrèze fondant et moelleux à souhait dont on s’est régalé au point d’en terminer le gras. La cuisson est une merveille, un temps de repos à 50° est observé et l’assaisonnement est parfait.

Restaurant La Villa Emily à Bruxelles

Ensuite on a ajouté, à l’improviste, un plat de la carte : le turbot – fenouil. Le produit est beau (même s’il s’agit d’un turbot de taille modeste : 4-6 kg) et les portions sont vraiment adaptée en conséquence. La logique est en effet qu’un plat à la carte propose des quantités plus importantes que le même plat pris au menu. Mais bien trop souvent, j’ai constaté que la version menu et la version carte étaient tout à fait identique, ce que je ne trouve pas normal.

Ici, ce n’est pas le cas et on se retrouve avec plus de 150 g de turbot, ce poisson si noble et à la texture de chair si ferme. Toutefois, ce plat nous a moins enchanté que les précédents. Peut-être que vu son prix (presque le prix des trois services du lunch), on en attendait un peu plus. Personnellement je l’aurais préféré un rien moins cuit, j’aurais préféré des arômes de sésame plus discrets et une sauce moins sucrée (même si on était très loin de la sauce barbecue à l’américaine, càd à du sucre liquide avec une pointe de tomates).

Menu du soir du restaurant la Villa Emily à Bruxelles

Le repas s’est terminé sur un bon dessert, un dessert que je qualifie de dessert de chef. La patisserie est en effet un monde à part et proposer un grand dessert est tout un travail en soi, un travail de précision auquel un pâtissier aguérri doit se consacrer entièrement. C’est pour cela que les chefs intelligents, comme Mathieu Jacri, préfèrent viser un dessert plus simple qui fait la part belle au goût et à la gourmandise plutôt qu’un ersatz de grand dessert dont on ne maîtriserait pas tous les tenants et les aboutissants. Bien joué chef !

Place au comptoir au restaurant la Villa Emily à Bruxelles

En salle, le personnel se montre très efficace, serviable et sympathique sous la houlette du maître d’hôtel Morgan Picot. C’est une équipe bien gérée et qui tourne bien. L’équipe a le sourire et fait passer aux clients un très bon moment.

Il y a tout de même une chose à améliorer à la villa Emily : c’est la carte des vins. A la Villa in the Sky, on connait les contraintes liées à l’exiguïté des lieux et une petite carte se comprend aisément une fois là-haut. Et le talent de la sommelière Sarah Lacour fait vite oublier la liste restreinte des choix possibles. A la Villa Emily, je m’attendais à une carte un peu plus ample. Faire son choix parmi 13 vins blancs, c’est plutôt compliqué.

Carte des vins du restaurant la Villa Emily à Bruxelles

Sur la construction de la carte en elle-même, je pense qu’il y a encore matière à optimiser. L’impression qui se dégage, c’est qu’on a trois niveaux de prix : on commence à 40 euros, on passe ensuite à 65 euros et on termine à plus de 100 euros. Quand on commande plusieurs bouteilles, on se sent de suite contraint à la seconde catégorie et on peut-être parfois déçu comme je le fus sur le Côte de Provence 2013 du Domaine Ott (85 euros).

Ce qu’il manquerait, ce sont des millésimes plus anciens et prêt à boire. Si un millésime jeune se boit très bien sur l’excellente cuvée Ro-Rée de Cheze (74 euros), il n’en est pas de même du Trevallon rouge 2012 (139 euros). J’ai fait part de cette observation et ils y travaillent : la carte devrait s’étoffer d’une vingtaine de millésimes plus anciens dans les mois à venir.

Point de vue prix, les coéfficients sont relativement importants même sur des bouteilles plus haut de gamme. Par exemple le Meursault Matrot est vendu 34 euros chez Mostade & Gobert (prix particulier hors remise) et 140 euros à la carte de la villa Emily. Un X4 se comprend plus difficilement lorsqu’il s’agit de belles bouteilles facilement trouvables et dans des millésimes “normaux”.

Le risque est, avec cette carte, que les clients partent sur une bière et ça serait dommage vu le niveau d’implication de Mathieu Jacri dans ses assiettes.

Carte des vins du restaurant la Villa Emily à Bruxelles

La Villa Emily, est donc à un restaurant à recommander très fortement pour son cadre de palace, son service agréable et son chef Mathieu Jacri. Sa cuisine, précise et efface, gourmande et bien pensée, est celle d’un excellent chef. Nul n’en doutait au vue de son CV : il a en effet fait ses armes chez Bruneau, au Comme chez Soi, chez Bon-bon, chez Ducasse au Plaza Athénée et plusieurs années en tant que second de Pascal Devalkeneer au Châlet de la Forêt (au côté d’un de mes chefs préféré : Alain Bianchin). Il est toujours agréable de vérifier que la belle réputation est amplement méritée.

Un petit effort sur les vins et je pense qu’on atteindra ici un grand candidat pour les distinctions Gault & Millau, Delta et bien sûr Michelin. Car, au final, quand on a réussi à composer une si belle équipe dans un cadre si luxueux, améliorer la carte des vins ne devrait plus être qu’une simple formalité, formalité sur laquelle ils travaillent d’ailleurs.

La Villa Emily prend donc toute sa place dans l’univers gastronomique de l’exception et du prestige de la famille Litvine. Quand on y songe bien : la gastronomie bruxelloise ne serait certainement pas ce qu’elle (en Belgique et à l’étranger) sans les investissements judicieux de Serge et Tatiana et je serais bien triste de ne pas pouvoir me régaler régulièrement dans leurs villas (Lorraine, In the Sky et Emily) ! L’équipe signe ici encore une toute belle réussite. Bravo !!!


LIEN

http://www.lavillaemily.be/


LOCALISATION


MENU

Entrée : Tartare de bar, sauce au beurre blanc montée à l’huitre, shizo, algue nori

Tartare de bar, sauce au beurre blanc montée à l'huitre, shizo, algue nori

Entrée : Oeuf à 68°, mayonnaise tiède à la truffe, champignon de saison

Oeuf à 68°, mayonnaise tiède à la truffe, champignon de saison au restaurant la Villa Emily à Bruxelles

Plat : Emincé de veau de Corrèze, oignons grelots, épinards

Emincé de veau de Corrèze, oignons grelots, épinards au restaurant la Villa Emily à Bruxelles

Plat : Turbot rôti, fenouil confit au sésame, sauce barbecue, houmous au sésame noir

Turbot rôti, fenouil confit au sésame, sauce barbecue, houmous au sésame noir au restaurant la Villa Emily à Bruxelles

Dessert : Pomme rôtie, sablé, glace confiture de lait

Pomme rôtie, sablé, glace confiture de lait au restaurant la Villa Emily à Bruxelles


PHOTOS

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