Le Fou est Belge

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Le Fou est Belge, le restaurant gastronomique de Daniel Van Lint ! Comme son nom l’indique, le restaurant se concentre sur des produits de operroir belges. On a donc le plaisir d’y retrouver des incontournables  comme le boudin noir, les croquettes de crevettes grises,..

Pour ce qui est du cadre, c’est un cadre luxueux qui fait la part belle au bois. Le décor n’a pas changé depuis 32 ans et on se cogne toujours aux lampes quand on se lève de table. Le chef s’est d’ailleurs fendu d’une plaisanterie amusante : « Ne vous inquiétez pas : on s’y cogne depuis 32 ans et elles doivent être bien attachées car elles ne sont jamais tombées ».

Au fond de la salle, on retrouve Daniel Van Lint au commande de la cuisine et seul en cuisine d’ailleurs. J’avoue que cela m’impressionne. Car ce samedi, le restaurant était bien rempli (en plus de notre table de 12 personnes dans le salon privé) et malgré cela, tout est arrivé parfaitement cuit et chaud. De la haute voltige, de la grande organisation : les signes qui ne trompent pas : ceux d’un grand chef.

Le Fou est Belge, c’est aussi une carte des vins, une vraie. Une carte comme on en trouve plus et comme on risque de ne plus en trouver. La carte propose des vins à tous les prix. Mais, quand on a un tel bottin entre les mains, on sait de suite que le chef est un passionné éclairé. Du coup, on ne peut s’empêcher de murmurer quelques mots à sa VISA pour lui expliquer que la soirée sera exceptionnelle et qu’elle doit se préparer pour l’addition. Cette carte, elle recèle des plaisirs ultimes pour les amateurs de vins et ce à prix doux. Ce n’est pas une carte bling-bling, ce n’est pas une carte avec X9 comme coefficient. C’est une carte où on peut trouver des merveilles à prix raisonnables. Car le chef ne spécule pas. Un bon exemple : Chambertin Grand Cru Rousseau sort à 960 euros dans les millésimes récents. Le 2006 sort à 522 euros sur idéal wine. Mais, à la carte du restaurant, le prix est de 250 euros. Si Daniel Van Lint était un investisseur cupide cherchant donc un “Return on Investment” élevé, c’est sûr qu’il enlèverait cette référence de la carte pour la revendre sur le marché secondaire. Mais non, pour ce chef, un grand vin se doit d’être bu et n’est pas un object de spéculation. Il le laissera donc à sa carte pour en faire profiter les vrais amateurs.

Ma première visite au restaurant Le Fou est Belge remonte à 2012. J’avoue que ce jour là, j’étais passé à côté de mon repas. Je manquais de recul et d’expérience et la cuisine me semblait bien trop hors du temps. Je m’attendais à une cuisine moderne, à des émulsions, à des assiettes design, à des associations audacieuses et ce que j’ai reçu était tout sauf cela. C’était donc une petite déception et je ne comprenais pas pourquoi les guides lui avaient accordé un tel niveau (1* Michelin et 17/20 au Gault Millau).

Mais j’entendais souvent des échos hyper positifs de personnes qui étaient des connaisseurs. Ils m’expliquaient à quel point la cuisine de Daniel Van Lint était intemporelle, précise et hors des sentiers battus. J’y suis donc retourné et là…la lumière fût.

J’ai l’impression que Daniel Van Lint a cherché pendant des années à faire une cuisine belge sans cesse améliorée. Un peu comme un alchimiste cherche les meilleurs combinaisons en tatonnant et en procédant par essais. Et puis, après des années, l’artiste est content. Il a trouvé l’équilibre entre le respect du produit, la finesse des assaisonnements et la puissance des goûts. Alors l’artiste s’arrête de chercher et ne vise plus qu’un but : régaler ses convives sur des plats hyper maîtrisés qu’il ne changera plus jamais. C’est ainsi qu’on retrouve à sa carte les même choses que lors de mon repas de 2012 et peut-être les mêmes plats qu’il y a 20 ans. Mais sa cuisine ne se démode pas : la gourmandise ne se démode jamais : le beau produit bien cuisiné régale toujours. L’artisan exprime son savoir-faire et le faire-savoir est inutile: une bouchée et tout est dit !

De temps en temps, quel plaisir de retrouver ce genre d’assiettes. Car loin de la modernité et de l’effet bling-bling, on y sert des assiettes gourmandes et sapides. Daniel Van Lint, c’est notre Bocuse belge : un grand chef, un chef hors du temps, un chef qui incarne tradition et perfection. Longue vie à ce chef et pourvu qu’il nous régale encore longtemps.


LIEN

http://www.lefouestbelge.be


LOCALISATION


MENU

Mise en bouche : Bigorneaux

Quelques Fritots de Ventre de Cabillaud, Vinaigrette onctueuse à la Moutarde de Gand
En Assiette apéritive

Les Anguilles au Vert, aux Herbes du Marché et du Jardin

La Croquette aux Crevettes grises épluchées par nos Soins et jalousement préparée à la Maison

Mon Boudin noir au Foie gras d’Oie, soigneusement préparé à la Maison, rôti aux Pommes caramélisées, Sauce au Jus de Travers et Couenne fumée

Le Pain perdu aux Pommes caramélisées, Glace Vanille fraîchement turbinée


PHOTOS

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